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Publié : 24 avril 2005
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En savoir plus sur l’oeuvre de Marianne Goujard

L’artiste conçoit des sculptures souples et molles destinées à être manipulées et interprétées.

Extraits du texte proposé aux élèves expliquant son travail :

« (...) j’ai pendant une année invité des personnes de mon entourage à venir interpréter des objets incongrus dans le cadre de séances photographiques. Ces objets n’ont aucune fonction, si ce n’est celle de moteurs pour l’imagination. Ils sont en quelques sortes, des »embrayeurs« . Il s’agit donc de faire l’expérience sensible de la manipulation des objets, laquelle relève du domaine de la recherche intuitive, pour se les appproprier. Car ces objets sont ineffables, ils sont des »on ne sait quoi" qui attendent d’être définis et se prêtent, d’une utilisation singulière à une autre à être sans cesse détournés.
Celui qui porte l’objet désigne l’objet. Chacun en fonction de ses repères, de sa culture, donne sa version , et influence l’objet choisi. Mais il se peut aussi que ce soit l’objet lui-même qui influence les attitudes, les expressions, les poses choisies par les « interprètes ». Ainsi, le même objet « ouvert » et « libre » apparaît sous x formes différentes dès lors qu’il est porté par x personnes différentes.

Face à un miroir, puis face à l’objectif se produit la rencontre physique de deux corps, celui de la personne et celui de l’objet. Si certains acteurs s’approprient et interprètent l’objet de façon purement physique, d’autres cherchent par analogies à investir les objets d’une fonction. Force est de constater que des images d’objets usuels refont surface. Si au départ, ces objets étranges ne renvoient à rien dans la réalité, ils peuvent donc une fois interprétés se charger de connotations, de références, de sens. Bref, des clichés apparaissent, mais ces images aussi stéréotypées soient-elles sont en relation directe avec l’imagination de chacun qui à travers un objet qu’il ne connaît pas tente d’évoquer l’image d’un objet déjà perçu.

Mon travail repose donc sur un système d’échange dont l’objet est au centre du processus. J’imagine un objet, je sollicite l’imagination d’une personne qui reçoit cet objet, se l’appropie et l’interprète. Le choix de la projection d’un diaporama pour montrer ce travail fait écho à l’opération mentale de spectateur recevant ces images furtives.

La photographie n’est ici qu’un moyen de montrer comment les personnes se sont approprié les objets, elle est une trace qui correspond à un moment du rendez-vous. C’est donc l’ensemble du processus qu’il convient de considérer et qui s’apparente à une chaîne en 3 points : la fabrication des objets, leur interprétation et enfin les photographies qui constituent la partie visible du travail. Si les diapositives sont le résultat de l’action, les objets, eux, sont stockés dans des boîtes en dépôt." Marianne GOUJARD.