Vous êtes ici : Accueil > Disciplines > Arts Plastiques > Archives > EROA archive 2006-2007 > Rencontre avec Marie Le Bruchec, photographe plasticienne.
Publié : 10 février 2007
Format PDF Enregistrer au format PDF

Rencontre avec Marie Le Bruchec, photographe plasticienne.

Dans le cadre de l’E.R.O.A., voici la description du travail qui est mené avec Marie Le Bruchec depuis Mai 2006. Il devrait se clore prochainement avec une exposition de son travail dans les locaux du collège... Dès qu’elle sera fixée, la date du vernissage sera communiquée avec tambours et fracas !

La proposition d ’échange avec Mme Le Bruchec est la suivante :
l’artiste souhaite mettre en valeur 2 aspects de son travail, spécifique à la photographie : la notion de « choix » (parmi des centaines de prises de vues, comment sélectionne- t-elle « l’élue » ? ) puis celle de « présentation » (comment montrer des photographies ? support, taille, éclairage... comment la présentation joue sur l’interprétation des oeuvres par les spectateurs).

Les objectifs de ce projet sont donc :

- Faire découvrir aux élèves la notion de photographie « plasticienne » ;
- Favoriser le contact des élèves avec des oeuvres réelles ;
- Pouvoir interroger un artiste sur sa démarche ;
- Utiliser les TICE (maîtrise de la production d’images numériques, utilisation d’internet pour le dialogue en direct avec l’artiste) ;
- Apprendre à concevoir et mettre en scène une exposition artistique.

Lors de sa 1re intervention (le 9 Mai 2006), Marie Le Bruchec a présenté par vidéoprojection une série de photos (Végétaux) avec mise en évidence des axes de travail par échange oral avec les élèves.
Un second diaporama (Carnet de Paradis) a permis ensuite d’échanger sur les points communs et les différences entre les 2 oeuvres : le sujet, les méthodes de prises de vues photographiques, les parti-pris de cadrage...

A la fin de ce premier échange, Mme Le Bruchec a proposé d’envoyer par internet des séries de polaroïds scannés sur lesquels elle travaille actuellement (série Végétaux) et de commencer le travail de sélection « en direct » par le biais d’un dialogue « virtuel » avec les élèves :
- Comment l’artiste choisit les photos à exposer parmi des centaines de prises de vues ?
- Quels critères définir pour sélectionner les photos (photo réussie/ratée, confrontation des points de vue d’élève (ex : comment donner de la valeur à une photo floue ?) ?

JPEG - 93.6 ko
Pré-sélection pour la série « Végétaux », tous droits réservés.

Description de la série Végétaux :
Elle est composée de nombreux polaroïds réalisés dans la nature dont la pellicule de produits chimiques est volontairement arrachée juste avant la fin du processus de développement. Cela produit un certain nombre de traces sur l’image, d’altérations, que l’artiste souhaite mettre en évidence.
Courant Juin 2006, une partie des élèves ayant assisté à la première conférence sont allés en salle informatique et ont étudiés individuellement toutes les photos transmises par email. L’échange s’est fait autour des critères de sélection des oeuvres (Qu’est-ce qu’une planche-contact ? Quel aspect du travail de photographe cela reflète-t-il ? Que voit-on sur ces photographies, quelle est la démarche de l’artiste ? Quelles sont les différences entre les images ? qu’est-ce qu’une photo réussie ? Quels sont les partis-pris du photographe ? Quels peuvent être ses critères de sélection ? Comment exploiter l’esthétique propre à la photo polaroïd...).

Intervention n°2 ( Jeudi 23 Novembre 2006) :

Cette seconde rencontre a pour thème les notions de présentation et d’exposition. Contrairement à une toile de peinture, oeuvre unique et « prête à être exposée », une photographie possède d’innombrables façons d’être développée et présentée. Comment ces choix (taille, support, définition de l’image, intensité des couleurs, des contrastes...) influencent-ils le spectateur ? Les images font elles le même effet si l’ont modifie une de ces variantes ?

Mme Le Bruchec recherche dans la façon d’exposer ses oeuvres à s’éloigner d’un mode d’exposition traditionnel. Elle essaie notamment de recréer un dispositif semblable au travail de prises de vues lorsqu’elle interpose différentes couches d’images (écrans, pellicules, jeu de transparence et superposition de strates d’images ) entre l’appareil et l’objet photographié. Lors de l’exposition des photographies, elle recherche une façon de réintroduire ces surimpressions entre le spectateur et l’oeuvre.
Elle souhaite donc témoigner de cet aspect de sa démarche en sensibilisant les élèves à la manière de mettre en scène les images produites : échelle des images, taille, support, transparence, superposition d’images.
Les élèves ont pu observer différents étapes du travail de l’artiste : du polaroïd « original », fragile et de petite taille, il est ensuite scanné en très haute résolution puis retouché sur Photoshop et enfin envoyé dans un laboratoire de tirage photographique. Plusieurs supports sont testés, plusieurs variations de couleurs. L’artiste fait comparer ces tirages, les élèves argumentent leurs préférences.

Mme Le Bruchec souhaite également que les élèves s’interrogent sur la relation entre l’avant et l’arrière de la photographie polaroïd : les traces laissées suite à l’arrachage de la pellicule de produits chimiques peuvent être plus ou moins mises en évidence lors des scans. L’artiste propose d’envoyer un scan en haute définition de l’avant de la photo puis de l’arrière, les élèves travailleront en salle informatique pour tester différents niveaux de superposition des 2 strates d’images (fonction « calque » et « opacité de calque » avec le logiciel de retouche d’image). Ils témoigneront de leurs conclusions par un échange d’email : quels sont les différents impacts des effets de matière sur l’image ?

JPEG - 38.3 ko
comparaison opacité calque

Essai sur un des polaroids de 2 opacités de calque : dans un premier temps, l’avant prime sur l’arrière, puis sur l’image de droite c’est l’inverse.

La dernière phase de ce projet est de déterminer le choix final du mode d’exposition et bien sûr de créer cette dernière. Plusieurs possibilités sont étudiées par l’artiste :
- la première était un système composé d’un caisson en bois laqué blanc avec un profilé aluminium permettant d’acueillir un éclairage performant ( température de couleur neutre pour les images) et 2 plaques d’altuglass tansparentes. Un tirage agrandi en 60 * 60 cm des polaroïds d’origine, retouchés par ordinateur pour accentuer les effets de l’arrachage de la pellicule de produits chimiques aurait été installé entre les 2 plaques d’altuglass.
Mais malgré les nombreux devis effectués, le coût total de l’opération dépasse notre budget...

JPEG - 64.8 ko

(Merci à M. Geher, enseignant au Lycée Boismard de Brionne en section ébénisterie, pour son aide dans la conception des plans de la partie bois du caisson)

- la seconde solution est en cours d’étude et conserverait du premier dispositif l’idée de l’impression sur un support épais mais transparent. Ce support, combiné à une très haute qualité de l’impression permettrait un rendu des couleurs et de la profondeur fidèle aux intentions de l’artiste. Suite prochainement ... !

Détails des projets menés en classe, avec les élèves.